Insécurité: la faute du deal ?

Les dealers «Africains» sont souvent montrés du doigt. A entendre les commentaires  d’habitants et de commerçants du quartier, ils sont la source de toutes les incivilités commises dans les Pâquis. Que penser de leurs fournis-seurs qui les exploitent ? Souvent des Albanais, Serbes, Kosovars, Suisses ou autres.

Certes, les dealers font un commerce illégal, ils squattent nos rues, sont très visibles, parlent fort la nuit et se bagarrent parfois, ce qui trouble les habitants dans leur sommeil. Mis à part ces désagréments les dealers ne sont pas un danger pour la population. Bien au contraire, ils sont polis, rendent facilement service et sont respectueux. Ce constat n’excuse en rien leurs agissements illégaux mais il faut bien l’admettre, on ne peut pas leur mettre sur le dos, la violence et le sentiment d’insécurité.

Mais alors d’où vient ce sentiment d’insécurité ? A mon avis, il y a plu-sieurs facteurs. Premièrement il s’agit bien  d’un sentiment car il n’y a pas plus  d’insécurité aux Pâquis que dans n’importe quel autre quartier de la Ville. Les statistiques de la police le montrent bien. Ce qui peut créer ce sentiment, c’est la multiplication des dépanneurs qui attirent des attroupements de fêtards et de dealers, qui, alcool aidant, parlent fort, dérangent le voisinage et ont tendance à se bagarrer.

La précarité qui est en forte augmentation à Genève contribue également à ce sentiment d’insécurité. De plus en plus de personnes sont à la rue, sont désoeuvrées, sans but et sans espoir.

Le manque de diversité de nos commerces et des loyers surfaits aident à une dégradation des conditions de vie dans notre quartier.

Pour en revenir au deal, il y a un principe que les commerçants connaissent bien: pas de client, pas de commerce.

Comme la répression ne marche visiblement pas, pour en finir avec le deal, deux solutions: S’attaquer aux clients, pour la plupart des notables, des gens aisés, de «bons blancs» ou plus simplement, dépénaliser les drogues. Qu’en pensez vous?

Assises aux Pâquis – 15 novembre 2013

Une journée de rencontre et de débats publics à eu lieu le 30 novembre 2013. Elle s’est déroulée sur trois thèmes: Espace urbain, Sécurité et Logement. Cette journée a été initiée par le Collectif «Bien Vivre aux Pâquis» qui regroupe des habitants des Pâquis, l’Association des habitants du quartier (SURVAP), l’Association des parents d’élèves des Pâquis (APEPâquis), l’Association pour la défense économique des Pâquis (ADEP), l’Espace Solidaire Pâquis (ESPâ), la Fondation de l’Entre-Connaissance (FEC), les CréAteliers, ASPASIE, Fenêtre sur cour, l’Association des usa-gers des Bains des Pâquis (AUBP), la Maison de quartier des Pâquis.

Quatre intervenants ont animé la première séance plénière : Mme Esther Alder (Conseillère administrative de la Ville de Genève), Mme Ruth Dreifuss (ancienne Présidente de la Confédération), M. Marcelin Barthassat (architecte, urbaniste et représentant de « Patrimoine Suisse »), et Angelina (travailleuse du sexe et représentante syndicale).

Mme Alder a salué le dialogue et la collaboration indispensable avec les associations et a naturellement expliqué la portée et l’importance, dans le cadre d’une démocratie participative, du contrat de quartier.

Mme Dreifuss est intervenue dans le cadre de la problématique de la consommation de drogue et des préoccupations sanitaires et d’insécurité que celle-ci induit. Elle a évoqué l’équilibre nécessaire entre répression et santé publique, entre liberté individuelle et respect communautaire. Elle a mis en avant la nécessité de projets pilotes de régulation du trafic de drogue.

M. Barthassat a insisté sur 3 aspects spécifiques aux Pâquis : la densité (la plus élevée de Genève) qui reste trop souvent en dehors de toute réflexion urbanistique, l’espace public que les habitants en collaboration avec les col-lectivités publiques doivent pouvoir se réapproprier, l’Histoire d’un quartier et son patrimoine au sens large (culturel, social, architectural) qui est incontour-nable dans une perspective de développement cohérent.

Angelina a insisté sur l’importance du dialogue police / clients / prostituées pour lutter contre la traite des êtres vivants et la limitation des agressions. Elle a mis l’accent également sur les loyers abusifs et dénoncé l’usure prati-quée par certains.

L’assemblée s’est ensuite divisée en 3 ateliers : espace urbain, sécurité, logement.

Le rapport est à disposition sur  http://bienvivreauxpaquis.parfab.ch/

Dépanneurs: ça suffit !

Cela fait plusieurs années que nous dénonçons les nuisances provoquées par les dépanneurs. Dans notre bulletin de mai 2012 nous écrivions «Il est urgent que nos au-torités resserrent la vis et règlent cette situation qui ne peut plus du-rer. Elle nuit à la santé, la sécurité et la tranquillité des habitants». Seize mois sont passés et la situation ne s’arrange pas. Pire, le nombre de dé-panneurs ne cesse d’augmenter. Une véritable épidémie.

Les dépanneurs sont la cause numéro un des nuisances dans notre quartier. Certes, ils ne sont pas les seuls, mais y contribuent grandement en vendant de l’alcool «trop bon-marché» toute la nuit au mépris des lois. Ils attirent noctambules, dealers et autres fêtards qui, fortement alcoolisés, se bagarrent, hurlent dans la rue. Et ce, jusqu’au petit matin.

Au lever du jour, le spectacle est affligeant. Les détritus jonchent les rues ; vitrines, voitures stationnées et façades d’immeuble sont souillées d’urine. En été l’odeur devient insupportable. C’est intolérable.

Comment nos autorités peuvent-elles laisser la situation se dégrader ainsi ? Beaucoup de promesses ont été faites, mais rien ne bouge. Autre question qu’on peut légitimement se poser : comment font tous ces dépanneurs pour vivre au vu de leur nombre au mètre carré ?

Certes, le quartier des Pâquis a tou-jours été festif et animé et il doit le rester. Mais depuis la venue des dépanneurs, c’est carrément devenu invivable.

Pour remédier à cette situation, il faudrait commencer par interdire la vente d’alcool aux dépanneurs ou adapter les horaires d’ouverture à ceux des cafés restaurants.

Dans tous les cas, il faut faire quelque chose… Et vite !